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Damien
Interview  (Paris)  mai 2006

Damien : Le baroque ultime.

Jardin du palais royal, samedi après-midi, les enfants roulent en bicyclette, les femmes des fesses et les hommes des mécaniques. Après-midi idyllique et sainte journée pour parler musique et de L'art du disque, ultime pied de nez à l'industrie, puisqu'il faut parler en ces termes.

Comment peux tu définir ce premier album, incroyablement mature et je-m‘en-foutiste, abordant autant les ballades que la déconstruction avec des titres comme "Champs Ultime" par exemple ?

Damien : Au départ je préfère écouter la musique plutôt qu'en faire.. Disons qu'il aurait déjà pu sortir en 2001, tout était prêt, avec d'autres chansons cela dit, puis finalement j'ai pris mon temps, je suis assez fainéant en fait, et puis pas mal de soucis techniques, des bourdons dans mes enceintes, des bandes perdues….

J'ai enregistré toutes les parties instrumentales, guitare, claviers, batteries, flûtes, dans le grenier de mes parents, tranquillement, et je me dis qu'en sortant prématurément cet album aurait sans été différent, plus innocent, comme un amour de jeunesse. Seul Amandine est resté au bout du compte, c'est une ballade écrite à l'age de 17 ans, pure et naïve, le reste est nettement plus…Hétéroclite ! (Rires).

C'est un premier album oui, mais j'ai fait le conservatoire, et "L'art du Disque" est un disque artisanal réalisé seul dans ma chambre, en apprenant tel ou tel instrument en fonction de mes envies. Comme la flûte sur Fresh People, une flûte pourrie à dix euros, sur laquelle j'ai joué les trois notes que je connaissais (Rires) ou la batterie, que j'ai appris au cours de l'enregistrement.

Par contre, le choix de Record Makers, c'est un pur choix artistique, un coup de tête influencé par la signature de Sébastien Tellier, qui était à l'époque l'un des seuls à posséder une réelle vision artistique. Bien évidemment je suis admiratif…

Oui mais ce nom, "L'art du disque", pour un premier album, c'est un peu prétentieux non ? Paradoxal lorsqu'on te voit timide et humble comme aujourd'hui…

Damien : Oui bien sur ! J'ai toujours aimé la provocation tu sais…J'aime bien que chaque idée soit ponctuée d'une réaction du public ou de l'auditeur. "L'art du disque", c'est également et surtout une manière d'affirmer que le concept physique de disque est révolu, tout comme le concept de stéréo, quelle idée en fait…

"L'art du disque" c'est presque un anti-disque, le cul entre deux chaises trop écartées ! (Rires). Comme un crossover entre Bach et Snoop, Chopin et Dr Dre, avec un peu de Vincent Delerm, au-delà de sa caricature... Ce sont mes influences, que je retranscris de manière étrange, avec un second degré permanent. Tiens prend Champs Ultime , j'ai voulu déshumanisé la voix au maximum, comme si elle venait de l'espace, mais également en pensant à Jacques Pradel et ses vieilles émissions comme "Perdu de vue", où les mecs trafiquaient la voix des témoins.

En fait, je m'inspire de tout ce qui passe, de Natasha St Pier à Radiohead. J'adore l'ultime, quel qu'il soit, avec un gros son "bouffe ta gueule" qui percute l'auditeur par la production et les arrangements. Y que le jazz qui m'emmerde.

Ce n'est pas un peu risqué pour Record Makers, de sortir un OVNI comme ça, aussi génial soit-il ?

Damien : Si totalement ! (Rires). J'ai réussi à imposer tout mes choix artistiques, même la jaquette avec toutes ces photos de moi, le plus souvent seul. J'ai même réussi à imposer le fait qu'il n'y ait aucun crédit ni remerciement. C'est très prétentieux mais je ne voyais pas qui remercier.

Mais par contre merci à Record Makers pour m'avoir permis de sortir cet OVNI, qui navigue entre le punk et le dadaïsme. Encore une fois prend Mitzuki , je voulais absolument faire une performance, quelque chose que je ne pourrais pas dépasser, et je me suis dit qu'allais faire toute une ballade en japonais, voix super aigue. Bon j'ai du la faire en plusieurs fois mais j'ai réussi !

"L'art du Disque" est sorti, même Ardisson en parle, tu deviens fashionable. Bon tu fais quoi maintenant ?

Damien : Les bobos et les lieux branchés tu sais moi j'ai rien contre tu sais. Pour commencer j'aimerai tourner avec ce disque, à Paris et en Province comme récemment au Point Ephémère ou bientôt au Triptyque. Pour la suite, je me dis que j'aimerai bien gagner un peu d'argent quand même ! (Rires)

Et récemment je me suis dit : "Pourquoi pas faire un one shot, un gros coup sur un single tu vois, avec plein de ventes, tout en gardant une certaine qualité". Alors j'ai contacté Emma Daumas sur Myspace , avec l'idée de la rencontrer pour faire un truc avec elle, enregistrer quelque chose ensemble. Faut dire que j'ai adoré Gainsbourg des qu'il a commencé à enregistrer avec B.B., Greco, Jane Birkin….

Le coté Pygmalion quoi…

Damien : Oui tout à fait. En les manipulant, les modelant en quelque sorte, avec leurs images de femmes fragiles. Bon pour Emma Daumas, je sais pas trop comment ça finira mais l'idée de diffuser au plus grand nombre ma musique est excitante.

D'autant plus avec Myspace , qui est sans doute le meilleur réseau actuel pour se diffuser mondialement. C'est d'autant plus vrai pour ma musique qui est conçue sans a priori, sans message... C'est peut-être ca le message d'ailleurs, l'absence de message, avec la volonté de conserver les erreurs si elles sonnent justes.

 

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# 16 novembre 2008 : Pendant le mix, l'information continue

A quelques jours de la dernière soirée des Grenouilles dans le mixer pour l'année 2008, les chroniqueurs n'ont pas oublié de rendre leurs devoirs et c'est encore une pluie de chroniques musique, théâtre, expos qui vous attend . Alors en attendant de vous voir nombreux le 22 à l'Orange Mécanique, voici le programme de la semaine.

Côté musique :

"Intimacy" de Bloc Party,
"Is it the sea" de Bonnie Prince Billy,
"Gagnants Perdants" de Noir Désir et Eiffel,
"The chemistry of common life" de Fucked Up,
"Analogic" de Jade,
"Temporary people" de Joseph Arthur,
"Disque numéro 1" des Vedettes que vous pouvez retrouver en interview,
"The Music 1972-2008" de Phil Manzanera, en Interview et en Froggy's Session,
des concerts avec :
Mademoiselle K et Elyas Khan au Fil de Saint Etienne,
Russian Circles, These arms are snakes à Mains d'oeuvres,
The Datsuns, Four dead in Ohio et El Guapo Stuntteam à la Maroquinerie,
Pendulum et South Central à l'Elysée Montmartre
et une nouvelle émission du Morceau caché à découvrir ici !

Au théâtre :

"L'échange" au Théâtre du Soleil
"Jacques et son maître" au Théâtre 14
"Le suicidé" au Théâtre 13
"Les sept jours de Simon Labrosse" au Théâtre de l'Opprimé
"Meurtre par omission" au Théâtre L'Atalante
"Comme si on s'aime" au Théâtre du Soleil
"Mélinda et Mélinda" au Vingtième Théâtre
"Barbara, 20 ans d'amour" au Théâtre Petit Hébertot
la 2ème Master classe de novembre de Jean-Laurent Cochet
des reprises à ne pas rater : "Drôle de nuit" au Théâtre Le Funambule Montmartre et "La cantatrice chauve" au Théâtre Le Passage vers les étoiles
et toujours à l'affiche :
"Baroufe à Chioggia" au Théâtre Clavel
"Tante Olga " au Théâtre de la Huchette
"Comme ils disent" au Mélo d'Amélie
"Gauthier Fourcade - Le secret du temps plié" au Théâtre Rive Gauche

Expositions avec :

"Van Dyck" au Musée Jacquemart-André
"Dennis Hopper et le Nouvel Hollywood" à la Cinémathèque Française
"Jacques Villeglé - La comédie urbaine" au Centre Pompidou
"Göksin Sipahioglu - Monsieur Sipa, Photographe" et "Marie-Paule Nègre - Des artistes dans leur monde II" à la Maison Européenne de la photographie
"Henri Cartier-Bresson - Walker Evans - Photographier l'Amérique1929-1947" à la fondation Henri-Cartier Bresson

Un peu de lecture avec "Chronique du règne de Nicolas 1er" de Patrick Rambaud

et enfin du cinéma avec "La vie moderne" de Raymond Depardon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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