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Stuart Staples
Leaving songs  (Beggars Banquet)  mai 2006

Il est des artistes qui ne sont pas de notre temps. Ou plutôt : qui ne correspondent pas à notre époque fondée sur la surprodu-consommation, les excès en tous genres, le culte de la nouveauté et de l'éphémère. Ils ne peuvent trouver leur place : leur œuvre demande compréhension et patience de la part de l'auditeur et du "faiseur de disques", tous deux très peu disposés à un quelconque effort.

Cependant leur carrière, si elle peut exister néanmoins, sera plus tard reconsidérée, pesée dans une autre balance que celle des chiffres du commerce : celle du temps et de la qualité propre.

Les Tindersticks sont de ceux-là, n'atteignant pas pour l'instant le statut qui leur est dû, celui d'un Tom Waits, d'un Crazy Horse ou encore Nick Cave. Mélangeant admirablement la pop, la soul, le folk et la musique de chambre, leur crossover classieux, tout en nuance, et leur univers kaléidoscopique est trop complexe et fouillé pour le consommateur gavé, trop récurent pour le bobo happy-few lui aussi gavé. Aujourd'hui on aime les Tindersticks comme on aime Placebo ou Louise Attaque. Ce qui est impossible.

*

Les Tindersticks, ce sont : une voix, des arrangements superbes, des guitares discrètes et efficaces, une rythmique qui virevolte comme une plume au vent, le tout posé sur des textes-short stories inspirés.

Une voix.

Celle de Stuart Staples. Grand, charmant, on l'imagine séducteur, acteur, tombeur, requin.

Sur scène, ces fantasmes tombes : l'homme est touché, se sent en décalage.

Hanté, habité aussi.

Cette voix.

Grave, sombre. Toujours fragile.

Le colosse aux pieds d'argile.

Ce n'est pas cela qui est à observer. Plutôt sa façon de chatoyer l'obscur, d'arrondir les angles de lames de rasoirs.

*

Il est seul maintenant, sans Dikons, David et les autres.

Besoin de changements, d'air.

D'où ce Leaving songs véritable premier album de Stuart Staples.

Aux premières écoutes, l'impression est d'entendre un album de Tindersticks sans les glissements de l'archet de Dikons sur les cordes - comment peut-il en être autrement ?

De la même manière que pour les disques de son groupe, il faut approfondir pour saisir les changements de tons dans la substance.

Ils sont nombreux. Guitares folk et country, cuivres et trompettes, rythmiques ralenties, chœurs caressants, duos discrets avec Maria McKee et Lassa De Salla, titre a capella : les morceaux qui constituent cet album invitent à des valses champêtres, aux recueillements de tendresse.

Je n'écrirai rien sur ces chansons. Chacun les percevra intimement. Juste donner l'eau à la bouche.

Leaving songs porte admirablement son nom.

Quitter la mégapole.

La grisaille.

Quitter le grouillement, l'agitation hirsute.

Se fondre dans l'espace, refaire partie de l'ensemble, qui est somptueux.

Re-sentir les battements de son cœur.

Cet album est un oracle. Encore un.

 

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Stuart Staples en concert au Festival La Route du Rock 2006 (samedi)
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Olivier K         
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# 17 août 2008 : Une pluie de festivals

Entre grand soleil espagnol et tornade dans le nord, les festivals de rock se suivent et ne se ressemblent pas forcément. Cette semaine donc beaucoup de festivals encore, voici le programme :

Côté musique :

Le festival de La Route du Rock vient de se terminer, avec une sérieuse remise en cause de son existence malgré une affiche encore très belle.
Retour également sur le festival du Rock dans tous ses Etats d'Evreux le vendredi, et le samedi
Petit tour du côté du Nord pour le festival des Nuits Secrètes d'Aulnoye Aymeries,
Le festival Indétendances, organisé par la Fnac pendant Paris Plages vient de se terminer. Retrouvez le compte rendu des 2 dernières soirées, vendredi 15 août et samedi 16 août ! et les archives avec les soirées des 25 juillet, 26 juillet, 1er août, 2 août, 8 août et 9 août.
Et puis nous étions présent également au Festival International de Benicassim, vous trouverez un gros dossier ci dessous :
le Jeudi vu par Outini, le Jeudi vu par Mathilde,
le Vendredi vu par Outini, le Vendredi vu par Mathilde,
le Samedi vu par Outini, le Samedi vu par Mathilde,
le Dimanche vu par Outini, le Dimanche par Mathilde.
et bien sur des photos à gogo !

Et pour relancer la saison des Froggy's Session, Antoine Loyer, en trio nous a offert une superbe session de pas moins de 6 titres ! a déguster sans plus attendre ici !

Au théâtre :

"Les justes au Théâtre Le Lucernaire
"Entre 15 heures et 15 heures 30" au Théâtre Michel
"Pièce détachée" au Théâtre de Dix Heures
et avant les créations de septembre, toujours à l'affiche :
"Charles Gonzalès devient Camille Claudel" au Théâtre des Mathurins
"Le tour du monde en 80 jours" au Café de la Gare
"La contrebasse" au Théâtre de Poche-Montparnasse
et "Gauthier Fourcade - Le secret du temps plié" au Théâtre Rive Gauche

Expositions:

La Maison Européenne de la Photographie est ouverte tout l'été : aussi, avant les nouvelles expositions de la rentrée, ne ratez pas celles en cours :
"Annie Leibovitz - A photographer'life 1990-2005"
"William Klein - Dressage"

"Sophie Elbaz - L'envers de soi"
et "Eric Aupol - Clairvaux".

Un petit peu de cinéma avec l'incontournable Batman, The Dark Knight, Le Chevalier Noir de Christopher Nolan

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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