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Holden
La Maroquinerie  (Paris)  5 avril 2006

La musique de et par les filles est à la mode. C'est les Inrocks qui le dit, qui l'écrit et l'affirme en couverture de sa nouvelle formule populiste (cf. numéro Camille Vs Emilie Simon). Qu'ont-elles de plus que nous les hommes, virils et insensibles ? La voix qui miaule, les doux accords de guitares et les métaphores le long de rivières roses, le vent qui soufflerait sur d'invisibles bambous en barbapapa….

Aussi, se demande-t-on si résumer Holden à un groupe de filles est possible.

Tout d'abord non, Holden c'est un groupe, avec une chanteuse certes, mais également un trio basse guitare batterie masculin.

Et puis oui finalement, car Armelle s'avère être la colonne vertébrale du groupe, l'épine dorsale et vocale d'une bande d'artiste remplissant ce soir la Maroquinerie comme rarement elle a pu l'être…

Dingue le nombre de têtes présentes ce soir, allant avec leurs corps rêver au son de Chevrotine, onirique album féminin dans l'approche. Tout y caché, offert en cadeau généreux, aérien comme une barrette de cheveux propres.

Comme "C'est plus pareil", premier titre d'un concert qu'on imagine marathon, titre langoureux soutenu par un backing band souple et dur comme le fer, bassiste possédé et guitares souple à l'appui.

D'emblée, Holden propose un set plus nerveux que dix Emilie Simon, moins propre et hum, plus pénétrable.

Voix en place et groupe soudé, Holden convainc sans force l'auditoire, féminin, en douceur et silencieusement. Les têtes qui dodelinent, répétant du bout des lèvres les paroles, en chœur, dans le silence de la Maroquinerie discrète. Assez étonnant comme concert.

Concert électrique et humide, joli mariage des matières qui contraste avec le rock ambiant, un doux malaise suintant par la bouche d'Armelle, présente sans être charismatique, à sa place sans fureur, et cette guitare rappelant tantôt Piano Magic tantôt le jazz de Gainsbourg des 60' période Scenic Railway…

En frôlant l'easy listening d'April March sur certains titres, Holden risque le dérapage (Ce que je suis) et retarde l'explosion, faisant au passage penser à Françoise. Hardy. Plutôt un compliment. Armelle chante "Qu'est ce qui m'arrive ?" et l'on se demande à notre tour quel est notre sexe, pour apprécier cette musique en décalage.

Vient le temps de la tempête sur le génialissime Sur le pavé, peut être le meilleur titre du set, rythmé par un merveilleux jeu de batterie, nerveux et sec, ode à l'instrument si invisible d'habitude.. Batteur aux cheveux grisonnant et pourtant si envoûtant…Chaque roulement de batterie comme un orgasme, prenant comme un shoot.

Et pourtant, Holden, sur la longueur, lasse un brin, par des mélodies quelques fois répétitives, et un jeu de scène minimaliste.

Les têtes dodelinaient encore, que mon corps s'était enfuit. "Nous ne sommes des êtres humains, rien que des êtres incertains" chantait Armelle. Mon être à moi s'en était déjà allé voir si la certitude était ailleurs, si la musique pour fille me conviendrait. Ou pas.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Chevrotine de Holden
Holden en concert à OPA (2 mars 2006)
L'interview de Holden (8 février 2006)

En savoir plus :

Holden sur le site de Village Vert

Crédits photos : Laurent (plus de photos sur Taste of indie)


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Galerie de Holden


# 4 janvier 2009 : reprise en douceur

Les vacances se terminent, les fêtes se font doucement oublier jusqu'à l'an prochain et Froggy's Delight reprend en douceur avec la première édition de l'année. 2009 vous proposera à coup sûr encore plus de choix culturels avec plus de musique, de théâtre, de livres et d'expos que jamais, mais également des partenariats, dont le premier seraavec le Glaz Art pour la soirée Ruby Throat et Marie Flore dont nous vous reparlerons bientôt et puis bien entendu toujours les soirées Rock is Dead .
D'ici là, voici le programme de la semaine :

Côté musique :

"Share" de Baptiste Trotignon,
"Catherine Ringer chante les Rita Mitsouko and more" le CD/DVD live à la Cigale,
"A hundred million suns" de Snow Patrol,
"Dance mother" de Telepathe,
"Surfing" de Megapuss,
"Welcome to Mali" de Amadou et Mariam
et une interview de Françoiz Breut suite à la sortie de son album "A l'aveuglette",
ainsi qu'une interview de Hugh Coltman qui revient sur son bel album "Stories from the safe house"

Au théâtre :

"Trois contes de Grimm" au Théâtre National de l'Odéon
"Les tentations électives" au Théâtre du Nord-Ouest
"Claire Solen - Flash" au Petit Gymnase
"The Crazy Horror Theater Show" au Passage vers les Etoiles

Expositions avec :

"José Abad - Du timbre à la sculpture" au Musée de la Poste
la collection permanente ""Les arts du feu" au Musée National de la Renaissance
et dernière ligne droite pour des expositions qui vont bientôt fermer leur portes :
"Emil Nolde" au Grand Palais
"Dennis Hopper et le nouvel Hollywood" à la Cinémathèque française
"Packart - L'art dans le packaging" à la Designpack Gallery

Lecture avec "Ce que le jour doit à la nuit" de Yasmina Khadra
et un beau livre "Une orfèvrerie de terre - Bernard Palisssy et la céramique de Saint Porchaire"

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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