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Millionnaire
Paradisiac  (PIAS)  septembre 2005

Les Millionnaire sont des gens sympa.

Batterie retentissante, gloire des gladiateurs. La scène est une arène, un terrain de combat entre des artistes et leur public. Certains peuvent se permettre ce combat et d'autres non. Un combat pour rigoler me direz-vous ; pas toujours pourtant. Rappelez vous toutes les figures tombées sur scène, les overdoses, les suicides... la musique n'est pas un objet de divertissement, la musique vit.

Alors on lance dans l'arène des centaines de groupes au mois. Beaucoup vont se casser les dents, d'abord sur les critiques, et encore plus souvent sur le public. Car rappelons que si on trouve souvent les critiques très dures, regardez-vous dans un concert de groupe peu connu, vous leur faites pas vraiment de cadeau. Puis des fois, un groupe semble pouvoir relever le défi, aujourd'hui ce peut être Millionnaire.

Pourquoi les Millionnaire sont-ils si cool ? Qu'on-ils pour eux ? Là on peut répondre leur son hypnotique, ils happent leurs auditeurs dans leurs slogans, la guitare cachée sous des nappes grésillantes, la batterie pratiquement sans cymbale. Ce son si particulier, on sait à qui ils le doivent. Merci la production de Josh Homme, incroyable chanteur, guitariste et chef du clan Queen of the Stones Ages.

Millionnaire accroche. Leurs morceaux cachent de petites chansonnettes pop, mais les chansonnettes pop ont été enfouies sous des sonorités clinquantes et distordues. Le Stoner en somme. Qu'est ce que le Stooner papy rock and roll? Un truc early nintees, sud américain bien sûr, puis une musique de drogué (encore une). Le manifeste stooner devrait être "Blues For the Red Sun" de Kyuss, premier groupe de Josh Homme (encore lui). D'ailleurs, dépêchez-vous d'acheter cet excellent album : la maison de disque aurait décidé de ne plus l'éditer.

Mais Millionnaire n'est pas exactement du Stoner... le tempo est déjà bien trop rapide et on comprend la structure des morceaux. Que voulez-vous, la Belgique a beau être à deux pas du Luxembourg, ce groupe ne prend pas encore asser de drogue.

D'une vue générale cet album est pourri, un truc à chier avec des étincelles de génie. En fait quelque chose vient brouiller notre écoute, une terrible gangrène surveille les morceaux et voile de très bonnes chansons. Le truc regrettable, ce sont les tonnes de sonorités électro, les bruitages de films de science fiction qui ornent tout le disque. Comme si tous les parasites de la B.O du premier Matrix étaient venus se greffer ici.

Et pourtant le groupe est impeccable. Il n'y a qu'à entendre "Alpha men", le mixage de l'intro très bas, les paroles récitées de façon politique, énième revendication sans queue ni tête. Puis le tout explose, la machine se met en route sur un rythme désarticulé, tout simplement absurde. Ces garçons n'ont pas fait les premières parties de Ginzu pour rien.

Mais on ne peut pas s'empêcher de penser au stoner, ne serait-ce que pour les guitares qui n'explosent jamais. Pas besoin de bouger de la tête sur l'album, au mieux l'on danse directement, "Love is a Sickness" morceau de la Saint Sylvestre 2007, allez on peut prendre le pari.

Puis l'album s'ouvre tout de même sur une chanson qui s'appelle "I'm on a hight", le tube parfait, la chanson entêtante... qui parle de drogue en plus. "We've got a plane/ We've got a friends/ Lot 's of free times for us to blow". Rien que ça. Et puis il faut voir quand ses paroles sont balancées : refrain magnifiquement tombé, sorte de plage tranquille en plein milieu du champ de mines qu'est le reste de la chanson.

Alors des Belges qui rappelle l'arrière pays de la Californie, les déserts et les palmiers cramés... c'est comme même balèze. Puis tous ses plans, ses accords empruntés au rock industriel... C'est un gros pot pourri de toute la musique des années 90. Au moins on sait quand ses garçons ont grandi. Ils vont jusqu'à évoquer les Cardigans avec leur "Ballad of Pure Thought". Et ils chuchotent en plus, dans la manière la plus élégante qui soit, celle du mauvais Jiminy Criket qui sommeille en nous.

Pot pourri qui va jusqu'au punk ou a "Rage Against the Machine". L'hommage n'est pas vain : "Wake Up Children". Voilà un titre qui aurait plu à Tom Morello et Dellarocha. Bref, que de références pour un vrai groupe des années 2000 avec les guitares en arrangement... une guitare qui ne tient plus toute la chanson. Eh oui l'instrument des années 2000 est immanquablement la batterie. "Streetlife Cherry" vous le confirmera. C'est la batterie qui donne toute l'impulsion du morceau, son souffle et son âme.

Construction squelettique pour musique en perdition. Bon ou mauvais présage? A suivre.

 

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Millionnaire en concert à l'Olympia en juin 2005


L.J.Jet         
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# 4 janvier 2009 : reprise en douceur

Les vacances se terminent, les fêtes se font doucement oublier jusqu'à l'an prochain et Froggy's Delight reprend en douceur avec la première édition de l'année. 2009 vous proposera à coup sûr encore plus de choix culturels avec plus de musique, de théâtre, de livres et d'expos que jamais, mais également des partenariats, dont le premier seraavec le Glaz Art pour la soirée Ruby Throat et Marie Flore dont nous vous reparlerons bientôt et puis bien entendu toujours les soirées Rock is Dead .
D'ici là, voici le programme de la semaine :

Côté musique :

"Share" de Baptiste Trotignon,
"Catherine Ringer chante les Rita Mitsouko and more" le CD/DVD live à la Cigale,
"A hundred million suns" de Snow Patrol,
"Dance mother" de Telepathe,
"Surfing" de Megapuss,
"Welcome to Mali" de Amadou et Mariam
et une interview de Françoiz Breut suite à la sortie de son album "A l'aveuglette",
ainsi qu'une interview de Hugh Coltman qui revient sur son bel album "Stories from the safe house"

Au théâtre :

"Trois contes de Grimm" au Théâtre National de l'Odéon
"Les tentations électives" au Théâtre du Nord-Ouest
"Claire Solen - Flash" au Petit Gymnase
"The Crazy Horror Theater Show" au Passage vers les Etoiles

Expositions avec :

"José Abad - Du timbre à la sculpture" au Musée de la Poste
la collection permanente ""Les arts du feu" au Musée National de la Renaissance
et dernière ligne droite pour des expositions qui vont bientôt fermer leur portes :
"Emil Nolde" au Grand Palais
"Dennis Hopper et le nouvel Hollywood" à la Cinémathèque française
"Packart - L'art dans le packaging" à la Designpack Gallery

Lecture avec "Ce que le jour doit à la nuit" de Yasmina Khadra
et un beau livre "Une orfèvrerie de terre - Bernard Palisssy et la céramique de Saint Porchaire"

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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