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Saïan Supa Crew - Pete Philly and Perquisite
Le Bataclan  (Paris)  26 mars 2006

En seulement trois albums, le collectif Saïan Supa Crew est devenu l'un des groupes références du mouvement hip-hop français, à grand coup de matraquage publicitaire et de singles accrocheurs. Le succès de nos rappeurs français s'est même étendue en dehors de nos frontières, en témoigne cette tournée européenne de grande envergure, qui passe par l'Allemagne, la Suisse, les Pays Bas, la République Tchèque ou encore l'Espagne.

Ce week-end, les Saïan posent leurs valises au Bataclan de Paris, pour deux soirs consécutifs.

N'étant pas un grand fan du groupe, c'est sans grand empressement que je me rends au Bataclan, mais très curieux car de très bonnes choses me sont parvenues sur les performances live du Crew.

C'est dans un Bataclan bien rempli que je pénètre donc, avec un public à la moyenne d'âge relativement jeune et excité comme tout à l'idée de voir Saïan sur scène, pendant le set de la 1 ère partie (pour une fois qu'un concert commence à l'heure !), les hollandais de Pete Philly and Perquisite.

Pas forcément réputé pour sa scène hip-hop, la Hollande va devoir se mettre à l'heure mondiale, car Pete Philly et son producteur Perquisite risque fort de faire parler d'eux. Ils remplissent la demie heure qui leur est donnée, avec un hip-hop calme, jazzy, funky, soutenu par des samples discrets, mais diablement efficace.

La musique du duo sait se faire mélodique, mais aussi plus agressive, avec un phrasé rap rapide et agressif. On pense à A Tribe Quest ou De La Soul notamment pour le côté décontracté et varié de la musique. Un bon set, apprécié par le public parisien.

20h00, les lumières s'éteignent, le public exulte. Un DJ prend place derrière les platines et envoie un son, avant d'être rejoint par les cinq sautillants mc's du groupe, et c'est parti pour plus de deux heures de show.

Personnellement, les Saïan Supa Crew m'ont collé une énorme tarte ce soir. Le son est très gros, l'ambiance survoltée (j'ai rarement entendu un public crier comme ça !), et le groupe semble se faire plaisir. J'étais resté sur des a priori concernant Saïan, sur un son qui brassait plus large, tombant dans la facilité, mais c'est finalement face à une implacable machine de guerre hip-hop que je me retrouve.

Les morceaux s'enchaînent parfaitement, rappant dans tous les sens à une vitesse incroyable (à tel point que je n'arrive à comprendre quasiment aucune parole).

Ce qui fait la force des Saïan, c'est la pluralité de leur voix. Du ragga au reggae, en passant par du rap plus traditionnel, chaque mc possède son talent, formant un magma sonore compact, se répondant à la perfection. C 'est bien simple, Saïan pourrait aussi bien jouer sans fond sonore, tant leurs voix font office d'instruments. Le public n'a pas un moment de répit, écrasé sous le flow massif du groupe.

Outre le fait d'être un bon groupe de scène, Saïan sait aussi parfaitement remuer et maîtriser son public, en installant par exemple une rivalité entre les différentes parties de la salle, ou en le faisant participer avec des chorégraphies à effectuer. Jamais rassasiés de bruit, les Saïan titillent le public là où il est sensible, sur sa propension à être chaleureux et accueillant.

"Bon, sur la prochaine, faites comme d'habitude, pas trop de bruit, n'allez pas réveiller les voisins surtout". C'est avec ce genre de piques que le Saïan fait hurler le public, voulant prouver au groupe qu'il est plus chaleureux que celui du samedi. Toute la salle se prête au jeu et répond du tac-o-tac. Une ambiance de folie s'installe dans le Bataclan, et les degrés grimpent aussi vite que les décibels.

Rajoutez à cela, près de 20 minutes de human beat box démentiel par DJ Sly, un petit "Angela" pour la route (le seul morceau que je connaissais soit dit en passant), un rappel digne de ce nom, et vous obtenez un soirée énorme, de laquelle on ressort bouche bée par tant de classe et de force scénique.

Que dire de plus, si ce n'est que Saïan Supa Crew est un putain de groupe de scène, au potentiel énorme, qui n'a pas à rougir d'un quelconque groupe américain. Une belle carrière s'offre à eux. Bonne chance.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Mind state de Pete Philly and Perquisite

En savoir plus :

Le site officiel de Saïan Supa Crew

crédits photos : Thomy Keat (plus de photos sur Taste of indie)


Romain         
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Galerie de Pete Philly and Perquisite


# 16 novembre 2008 : Pendant le mix, l'information continue

A quelques jours de la dernière soirée des Grenouilles dans le mixer pour l'année 2008, les chroniqueurs n'ont pas oublié de rendre leurs devoirs et c'est encore une pluie de chroniques musique, théâtre, expos qui vous attend . Alors en attendant de vous voir nombreux le 22 à l'Orange Mécanique, voici le programme de la semaine.

Côté musique :

"Intimacy" de Bloc Party,
"Is it the sea" de Bonnie Prince Billy,
"Gagnants Perdants" de Noir Désir et Eiffel,
"The chemistry of common life" de Fucked Up,
"Analogic" de Jade,
"Temporary people" de Joseph Arthur,
"Disque numéro 1" des Vedettes que vous pouvez retrouver en interview,
"The Music 1972-2008" de Phil Manzanera, en Interview et en Froggy's Session,
des concerts avec :
Mademoiselle K et Elyas Khan au Fil de Saint Etienne,
Russian Circles, These arms are snakes à Mains d'oeuvres,
The Datsuns, Four dead in Ohio et El Guapo Stuntteam à la Maroquinerie,
Pendulum et South Central à l'Elysée Montmartre
et une nouvelle émission du Morceau caché à découvrir ici !

Au théâtre :

"L'échange" au Théâtre du Soleil
"Jacques et son maître" au Théâtre 14
"Le suicidé" au Théâtre 13
"Les sept jours de Simon Labrosse" au Théâtre de l'Opprimé
"Meurtre par omission" au Théâtre L'Atalante
"Comme si on s'aime" au Théâtre du Soleil
"Mélinda et Mélinda" au Vingtième Théâtre
"Barbara, 20 ans d'amour" au Théâtre Petit Hébertot
la 2ème Master classe de novembre de Jean-Laurent Cochet
des reprises à ne pas rater : "Drôle de nuit" au Théâtre Le Funambule Montmartre et "La cantatrice chauve" au Théâtre Le Passage vers les étoiles
et toujours à l'affiche :
"Baroufe à Chioggia" au Théâtre Clavel
"Tante Olga " au Théâtre de la Huchette
"Comme ils disent" au Mélo d'Amélie
"Gauthier Fourcade - Le secret du temps plié" au Théâtre Rive Gauche

Expositions avec :

"Van Dyck" au Musée Jacquemart-André
"Dennis Hopper et le Nouvel Hollywood" à la Cinémathèque Française
"Jacques Villeglé - La comédie urbaine" au Centre Pompidou
"Göksin Sipahioglu - Monsieur Sipa, Photographe" et "Marie-Paule Nègre - Des artistes dans leur monde II" à la Maison Européenne de la photographie
"Henri Cartier-Bresson - Walker Evans - Photographier l'Amérique1929-1947" à la fondation Henri-Cartier Bresson

Un peu de lecture avec "Chronique du règne de Nicolas 1er" de Patrick Rambaud

et enfin du cinéma avec "La vie moderne" de Raymond Depardon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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