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Hors cadre
Grand Palais  (Paris)  Du 13 octobre 2005 au 9 janvier 2006

Gérard Rondeau, photographe mandaté par la Direction des musées de France et la Réunion des Musées Nationaux pour réaliser des reportages sur les expositions temporaires, est devenu le spectateur privilégié des musées et des expositions en ayant portes ouvertes et carte blanche.

Armé de son Leica, il arpente les salles, se perd dans les dédales des couloirs et assiste à la mise en place des œuvres d'art en visiteur libre et spectateur privilégié doté d'un œil redoutable. Un œil qui voit et saisit ce qui nous est caché ou qui nous échappe.

Aujourd'hui, avec cette exposition judicieusement intitulée "Hors cadre", il nous entraîne dans ce lieu à la fois mystérieux et ouvert à tous qu'est le musée pour nous éveiller à voir l'invisible ou le secret. Une exposition tout simplement magnifique, une réussite exceptionnelle au fond comme en la forme.

Avec la collaboration et la complicité de Christian Caujolle, le commissaire de l'exposition et directeur de l'Agence VU, ils ont élaboré une scénographie élégante et intelligente reposant sur les jeux d'ombres et de lumière qui fait la part belle aux exceptionnelles photographies, toutes en noir et blanc qui, captant le moindre photon, magnifient l'objet le plus humble comme la toile la plus mythique.

Dès l'entrée, une photo en faux trompe l'œil qui présente une peinture de femme dévêtue encadrée accrochée devant un très grand rideau nous place en découvreur de secrets.

Quant au fond, chacune de ces photographies est chargée de sens et nous raconte une histoire, un moment, un détail de la vie et du temps qui passe dans les musées qui recèlent pourtant l'intemporel.

Gérard Rondeau donne à voir des instants éphémères, des scènes improbables et des évidences cachées. Une thématique singulière et captivante.

Les oeuvres d'art sont des objets comme les autres

Avant d'être placées, les œuvres d'art, quelque soit leur notoriété, sont ramenées à l'état d'objets, posés à terre, démembrés, ligotés, emballés, statue dont le socle sert de table improvisée pour le casse croûte des ouvriers.

La sculpture d'homme à tête cheval dans sa boite de transport dont ne subsistent que les parois latérales est-il dans un box de contention ou dans une stèle de départ? Le gisant sous une toile de protection semble enfin avoir trouvé un linceuil provisoire.

Des œuvres d'art animées

Ensuite pendant la phase d'installation, l'œuvre ayant retrouvé son intégrité semble manifester parfois sa présence, voire sa résistance aux assauts des ouvriers.

A quoi pense cette lionne statufiée face aux chaînes qui pendent devant elle e qui ont du servir à la treuiller?

La femme qui détourne le regard en voyant la main sacrilège de l'ouvrier qui se pose sur la toile, une autre semble grimper sur l'échelle en V face au peintre pour lui interdire de peindre au-delà.

Et cette toile commémorant une bataille antique ne prend-elle pas des allures de péplum face au public amassé devant elle?

Des associations fugitives

Les objets peuvent aussi s'apparier, les réels avec ceux qui figurent sur la toile comme la béquille d'un visiteur en fauteuil roulant et la crosse de l'évêque sujet de la toile ou les échafaudages qui reproduisent le balcon peint comme dans un dialogue qui nous dépasserait.

Des visiteurs pressés

Le visiteur a souvent le pas leste comme cet homme qui semble fuir entre deux toiles de Chagall et cette jeune femme le pas leste qui laisse tout juste le temps à Picasso d'esquisser un sourire de connaisseur.

Il y a encore bien d'autres histoires à deviner ou à se raconter devant chaque photographie.

Et puis il y a le jeu des lumières, des reflets, des ombres. Qui regarde qui?

 

Crédits photos : Thomy Keat
avec l'aimable autorisation du Grand Palais et de Gérard Rondeau


MM         
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D'ici là, voici le programme de la semaine :

Côté musique :

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"Dance mother" de Telepathe,
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ainsi qu'une interview de Hugh Coltman qui revient sur son bel album "Stories from the safe house"

Au théâtre :

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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